Présentation


L'artiste qui vit et travaille à Nice, diplômée de la Villa Arson, mène depuis de nombreuses années une réflexion sur les rapports entre nature et culture. Au croisement d'une culture occidentale et japonaise, elle élabore un questionnement autour de l'animalité, des tabous et de la sexualité. Elle investit l'espace de la galerie en exposant différents travaux : une installation de 1000 grues (origami) suspendues, des vêtements à poils et des photographies de paysages grand format.
Junko Yamasaki entend interroger la part animale de l'homme, un retour à son instinct et à la satisfaction de ses besoins primaires : manger, bouger, excréter, se reproduire... L'artiste privilégie ainsi un rapport à la nature et à nos comportements au regard de sa culture japonaise et de la société européenne. Son questionnement sur un retour à l'animalité s'élabore autour du symbolisme du poil à la suite d'un travail sur les végétaux réalisé au Japon en 1993. Le poil pubien ou autre, a longtemps été censuré au Japon, symbole péjoratif des sociétés occidentales (Keto signifie étrangère poilue) de sorte que le poil a été, durant des décennies, censuré et non visible dans la société japonaise.
Dans son processus créatif, par une appropriation du symbolisme du poil, l'artiste souhaite dépasser les tabous de sa culture, montrer à nouveau le poil implanté patiemment sur des vêtements (robes, sous-vêtements, cravates…) aux emplacements correspondant à ceux de notre corps. Une extériorisation nécessaire pour dépasser l'appréhension symbolique du poil du défunt (cheveux…) synonyme d'âme et d'éternité. Par ailleurs, l'idée de protection est fortement présente dans l'œuvre de l'artiste, protection de la nature, protection de notre corps et de notre versant animal. De même que la terre est recouverte de végétaux, nos corps sont recouverts de poils et de vêtements qui nous protégent. L'artiste adresse ainsi une critique à la société moderne, à cette volonté d'annihiler notre animalité, à proposer des modèles universels de corps imberbes, des icônes quasi virtuelles.