Expositions


Exposition 2005 : Jamais et assez
Du 3 Février au 26 Mars 2005

Les premiers travaux de l'artiste ont posé une exigence afin d'affirmer notre sensibilité à élargir notre point de vue depuis l'espace où nous nous trouvons vers des lieux que "nos sens techniquement étendus" (expression de l'artiste) nous permettent d'atteindre. L'artiste recherche et propose un nouveau statut dans l'interaction des fonctions des objets : le son d'une radio par exemple est modifié en raison d'un séchoir fonctionnant à ses côtés. Ce son est mis en relation avec le bruit du séchoir partageant cet instant. Une chaîne sémantique qui pourrait et peut en effet continuer.
C'est ainsi que l'œuvre se dégage des lieux communs qui la maîtrisent et trouve une force et une persuasion uniquement dans une explosion absolue de toute explication de sens. Est envisagé ainsi une perte de "certitudes données" qui devient fonctionnelle et intérieure au travail de l'auteur. On parle à propos de cet artiste de "dissipation de l'objet exposé". En effet, l'œuvre se présentant comme un agglomérat d'actions et de significations se révèle dans son instant maximum de dispersion.
Les "travaux en distribution", à partir de 1987, développent ultérieurement l'occasion dissipative de l'œuvre. Chaque travail consistait en un récipient rempli d'une grande quantité de prospectus et de dépliants. Les dimensions physiques et significatives d'une galerie sont donc dépassées à travers cet artefact qui peut donner à l'œuvre une "pratique active". La catégorie de la dissipation révèle une intention de travail pour l'artiste qui va au delà de la force et de la forme de l'objet. De cette manière l'œuvre est une occasion, comme dans les "starks" de Felix Gonzàles-Torres de 1989, pour continuer une expérience, tout en dispersant la certitude du contenu en faveur d'une relation explosée et pluralisée. Dans les travaux "A Poster", par exemple, Ivano Sossella réalisa des affiches (de dimensions variables selon les lieux de l'exposition) sur une centaine de pancartes qui tombent et sont remontées sans cesse. Les catégories, ou même seulement les manières différentes de penser l'art, depuis l'installation jusqu'à la performance, ne sont plus disponibles dans ce processus dissipatif: c'est une prise théorique qui saisit avec force le processus artistique.
Dans son premier projet (2005) à la Galerie Depardieu à Nice, Ivano Sossella avait pris possession de l'espace tout-entier avec des dessins à thème fixe sur les murs. La présence obsessionnelle d'images de billets de banque affirmait la finalité de l'art à devenir de plus en plus un objet d'investissement financier et une source de gain rapide, elle éclairait aussi la pulsion inconsciente vers la possession, presque un désir érotique qui satisferait tout individu.

Exposition 2007 : Possibilisme
Du 10 mai au 22 Juin 2007

L'exposition comprend des travaux et projets de l'artiste, réalisés de 1987 à nos jours.
Dans le projet précédent (2005) à la Galerie Depardieu à Nice, Ivano Sossella avait pris possession de l'espace tout-entier avec des dessins à thème fixe sur les murs. La présence obsessionnelle d'images de billets de banque affirmait la finalité de l'art à devenir de plus en plus un objet d'investissement financier et une source de gain rapide, elle éclairait aussi la pulsion inconsciente vers la possession, presque un désir érotisant et satisfaisant tout individu. Le monde soutérain de l'imagination et les pulsions de l'inconscient humain devenaient une représentation explicite et programmée. Le cumul des biens représentés par les billets de banque n'était plus une simple représentation d'objets, mais plutôt l'instrument facilitant la représentation d'expériences vraies. Les biens monétaires dessinés prennent la dimension d'un matériel de scène qui a perdu son importance physique pour devenir au contraire typiquement symbolique. En dessinant l'une après l'autre toujours la même image, l'auteur cumulait une richesse d'intentions et d'actions toujours presumée, mais qu'on pourrait atteindre seulement (toujours) ironiquement.
Dans son projet d'exposition le plus récent (USW) Sossella nous présente les murs intérieurs d'une maison, lieux d'exposition qui se distinguent visuellement par l'absence d'œuvres d'art. Seules leurs ombres demeurent, laissant la marque de leur absence des murs, comme lorsque l'on détache un tableau après des années. L'absence du point artistique finit donc par évoquer une dimension de l'art qui trouve présence et réalité dans la dissipation extrème de son être réconnaissable.

Exposition 2008 : Penultimo progretto
Du 27 Mars au 28 avril 2008

Lors de son exposition dans cette galerie niçoise en Mai 2007, Ivano Sossella avait quelque peu surpris avec une oeuvre composée de pots de fleurs en équilibre sur des petites étagères, susceptibles de tomber à tout instant. Il nous présentait les murs intérieurs d'une maison, habituellement dévoués à l'accrochage de tableaux, vides de toute œuvre d'art. Seule la marque de leur absence demeurait, comme lorsqu'on décroche un tableau après des années. Cette absence évoquait une dimension de l'art qui trouve présence et réalité dans la dissipation extrême de son être reconnaissable.
Sossella avait aussi créé une œuvre au mur avec des livres, pris au hasard, tous ouverts à la page 15... Mais avec ce quadra italien, il y a-t-il vraiment un hasard ?
On a parlé, à propos de cet artiste, de « Dissipation de l'objet exposé ». L'œuvre, comme agglomérat d'actions et de significations, se révèle dans son instant maximum de dispersion.
Que nous réserve-t-il avec cette troisième exposition qui s'intitule « Penultimo Progetto », est-il besoin de le traduire ?