Expositions


Exposition 2006 : A creux perdus
Du 13 Janvier au 23 Février 2006

 Dans un monde de plus en plus virtuel, où l'information circule à pleine vitesse, Frédérique Nalbandian refuse les matériaux rigides, durs, compacts. Elle privilégie ceux qui sont doux, souples, ductiles, aisément modelables par la main de l'artiste. Frédérique choisit donc le plâtre, le savon, la cire, la paraffine, capables d'envelopper des morceaux de réalité tels que des objets, mais aussi des formes organiques, comme la chair ou les membres humains. On ne trouve pas dans son oeuvre une forte exigence de réduction de l'image, comme dans l'Arte Povera, ni par ailleurs, un besoin de récupérer des éléments primaires de la nature. Elle cultive plutôt un désir de récupérer la mémoire des choses et des formes de matériaux préexistants, les transposant en même temps en un langage chaud et personnel. Le travail de cette artiste se rapproche en quelque sorte des expériences de Mythologies Individuelles des années 70, au sein desquelles le langage de l'art devient instrument pour récupérer l'extension de la spatialité, de l'être humain, dans ses directions diverses et dans toutes ses facultés imaginatives. Le langage employé est celui d'extraire des éléments répandus dans notre monde quotidien afin d'en saisir, en négatif, la forme qu'elle ira par la suite reconstituer en plâtre ou en savon. Son dispositif de travail est celui de briser par un marteau ou de dissoudre des morceaux de réalité en les exposant sur les murs et sur le sol des lieux choisis pour l'exposition. Elle réalise de cette manière son projet, c'est-à-dire mettre ces fragments en prise directe avec le spectateur, qui se trouve par conséquent impliqué en une expérience d'une forte valeur esthétique. Elle obtient, à travers la fragmentation des images en négatif, des formes inusuelles et énigmatiques qui préservent l'empressement de la vie, et rendent en passant par les traces des outils ou de ses doigts sur le plâtre, un témoignage personnel de son savoir-faire opérant. Ce désir de modifier la réalité naît sans doute de son état intérieur, presque visualisant son propre état d'embarras engendré et produit par le jeu des émotions. Casser les traits du réel et le reconstruire sous le semblant d'images nouvelles est un acte créatif de dénonciation, mais en même temps, un geste d'amour vers l'existence que l'artiste veut sans cesse remplir de significations nouvelles. En effet, à travers cet acte de transformation et de copartage, l'artiste prend part en première personne à la vie des choses et des événements, si bien qu'elle peut rester avec eux par un acte de participation et de coexistence réciproque. Ce qui frappe le plus dans le faire créatif de Frédérique Nalbandian c'est ce processus qui met en scène le caractère tactile de la matière réduite en fragments, laquelle nous restitue le pouvoir de récupérer la vigueur et la mémoire de l'existence mais aussi d'en exprimer le besoin d'identité. C'est "l'idée traduite en matière", qui produit, à travers sa "phisicisation", une émotivité anthropologique intense et cérébrale.

Exposition 2008 : Trésor
Du 27 Juin au 31 Juillet 2008

Dans ce monde de plus en plus virtuel, où l'information et l'image circulent à pleine vitesse, Frédérique Nalbandian refuse les matériaux rigides, durs, compacts pour privilégier ceux qui sont doux, souples, ductiles, aisément modelables par sa main. Le plâtre, le savon, la cire ou la paraffine composent ses sculptures et ses instalaltions, enveloppent, recouvrent, découvrent, cassent, fragmentent, recomposent des morceaux de réalité, objets inanimés ou formes organiques. L'état solide, liquide ou gazeux de ces substances, fait lien entre la forme et le réel.
Ce qui frappe, le plus c'est sa mise en scène de la matière, passant du contenu au contenant et inversement. Dans son oeuvre, nulle exigence de réduction de l'image (de la représentation), comme dans l'Arte Povera, à travers la récupération des éléments naturels, mais plutôt le désir de sauver la mémoire des formes, des objets, des actions, des gestes préexistants, tout en les remaniant dans un langage vif et singulier. Par cet acte de transformation et de partage, l'artiste et le public participent pleinement à la réaction des éléments et des événements dans une coexistence.
Frédérique Nalbandian nous restitue la capacité d'entrevoir l'existence humaine sous l'angle de la mémoire, mais aussi sa vigueur et son instabilité. C'est l'idée traduite en matière qui, passant par sa "physicisation", produit une émotion anthropologique et cérébrale.