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SUMMARY:Exposition Anne-Sarah Le Meur  - Lumière limite
DESCRIPTION:Ouverture de l’exposition le 5 septembre. \nL’artiste sera présente les 5\, 7 et 8 septembre et le 3 octobre \nExposition jusqu’au 3 octobre 2020. \nEntrée libre \n \nIMAGES PROGRAMMÉES \nDans le tréfonds de son être\, la machine… suinte. Y battent nombres\, opérations\, calculs. \nPercent à l’écran les couleurs. Entre câbles et logiciels\, par carte graphique interposée\, en travers de la mémoire\, l’artiste programme et contamine la sérieuse géométrie. Dans l’espace virtuel et immatériel si étrange\, la lumière oscille\, caracole et engendre des formes. Les teintes évoluent\, éclatent\, s’estompent. Coups et douceurs\, œillades et béances\, aspirations. \nUn jour\, une valeur – pas n’importe laquelle ! –\, inversée – pour voir ! – a renversé la lumière… devenue alors négative\, absorbante et noire. Initialement noirs (eux aussi)\, pseudo-cosmiques\, les fonds ont osé bientôt changer : rouges\, roses… Mouvements de surface\, de tons\, de temps. Abstraction et sensations spatiales renouvelées. \nDepuis une trentaine d’années\, Anne-Sarah Le Meur tapote sur un clavier pour créer des images. Inlassablement\, elle tape et teste ses lignes de code\, ses variables\, ses boucles\, ses conditions\, pour explorer et régénérer la couleur en des tableaux mouvants et infinis. \nAnne-Sarah LE MEUR. Médiation réflexive d’après deux œuvres contemplées : Rusting_261\, 2019\, et Jaunebleui_24\, 2012. \n«  Tu feras ensuite un voile d’étoffe d’azur\, de pourpre\, d’écarlate\, et de lin retors\, \non le fabriquera artistiquement\, en le damassant de chérubins » in Exode\, Chapitre 26 \nTraduction du Rabbinat \nDécouvrant la démarche et les œuvres d’Anne-Sarah Le Meur\, et notamment celles indiquées en préambule\, j’ai été touché par l’articulation des couleurs\, obtenues via les puissances du calcul et de la virtualité\, avec ce qui relève du voile. La comparution des couleurs dans le plan toujours oscillant du voile\, simultanément pli et dé-pli\, et\, notons le\, ce dual de couleurs (l’écarlate et le pourpre bleuté)\, clairement nommées ArGaMaN et TeKèleT dans l’hébreu du Premier Testament\, a reconduit en moi-même ce que j’appelle une médiation réflexive à propos de la radicalité de l’abstraction : retrait du figurable\, états vibratoires libérés de l’impératif de représentation\, du redoublement illusoire ou illusionniste de ce qu’on appelle\, à tort\, la réalité… \nLa description du voile du temple ou Parokhet\, aux versets 31 et 36 du chapitre 26 de l’Exode\, est un moment déterminant de la réflexion judaïque à propos du regard et de la vocation du geste artistique\, entre le monde visible et ce qui ne peut recevoir aucune image\, le Kadosh Hakadoshim ou Saint des Saints\, situé juste à l’arrière d’une série de voiles. Le dernier voile\, ou Parokhet\, sépare le Saint\, où se tient l’assistance\, d’un second lieu\, où se trouve l’arche d’alliance (le Saint des Saints)\, coffret dans lequel sont resserrés les rouleaux de la Thora. \nCette description biblique est à l’origine d’enjeux cruciaux dans l’histoire de la création artistique : elle fonde la contestation péjorative de l’abstraction en tant qu’émanation sémitique. La culture gréco-romaine\, puis le christianisme\, et plus tard\, toute politique prenant les images comme emblèmes des pouvoirs et des dominations\, considéreront irrecevable une telle abstraction\, parce qu’irrécupérable par la propagande des images entre monumentalité et sentimentalité. En atteste la haine hitlérienne pour l’abstraction\, la désignant comme art spécifiquement juif. Plus largement\, dans notre monde actuel\, détenu comme jamais par la communication collective des images\, l’abstraction n’est-elle pas toujours incomprise\, déniée\, tenue pour dépassée ou ramenée à une variation décorative ? \nL’abstraction\, dans l’histoire de l’art moderne et contemporain\, advient juste avant l’horreur de la première guerre et des totalitarismes\, et sera reprise et revisitée\, en Europe comme aux États-Unis\, tout après les abominations de la seconde guerre mondiale (Shoah et bombardements atomiques). Le grand peintre américain Mark Rothko (1903-1970) n’a pas adopté au hasard l’étendue sans image des couleurs effrangées et vibratoires et particulièrement ces pourpres qui dérivent entre l’orangé et le noir. Le Parokhet\, ou voile du temple\, devient le dispositif déterminant de son œuvre\, alors qu’il prend conscience de l’épouvante de la Shoah (rappelons que Rothko arrive à 10 ans sur le sol américain\, en 1913). Dans un texte – The artist’s reality – écrit pendant la 2e guerre mondiale\, le peintre déclare que la mission de l’artiste est la réparation du monde. Il nous paraît évident que l’œuvre d’Anne-Sarah Le Meur est en relation directe avec cette abstraction radicale\, celle du voile vibratoire sans images. \nDevenue une voie d’émancipation artistique entre 1910 et 1915\, l’abstraction met en œuvre une expérience de l’art qui échappe à l’image comme moyen technologique généralisé de reproduction et de diffusion. L’abstraction\, en revendiquant la prévalence du plan du tableau contre la profondeur illusionniste de la perspective\, privilégiant l’expérience intérieure\, questionne ce qui constitue l’image comme puissance de fascination et de persuasion\, à savoir la propagande et la manipulation falsificatrice. Dans les périodes d’effondrement démocratique et de passage à la guerre\, via les épisodes précurseurs de guerres civiles\, émerge ce trait commun : la confusion entre la place des images et la place de l’expérience personnelle\, frappée alors d’interdit\, ni reconnue ni même nommée. \nAinsi\, l’abstraction porte en elle\, foncièrement\, un duel à jamais ouvert : refus des puissances de l’image en tant que double pouvant prendre la place de toute chose et toute créature\, contre la fascination pour l’illusion du vraisemblable En cela\, elle est profondément politique. \nDavantage : ce plan qui oscille n’est pas sans figures et\, particulièrement\, chez Rothko comme chez notre artiste\, nous trouvons celles de la négativité : teintes sombres\, obscurité\, ambivalence\, érotique de la couleur\, vide…\, Expérimentées par inversion des degrés de lumière dans les couleurs. Mais ne revient-il pas à l’artiste d’assumer la reconnaissance du négatif comme puissance à l’œuvre\, négatif sinon caché par l’illusion de la figuration ? Pour Rothko\, faire apparaître la puissance du négatif par les moyens de l’art renvoie au Tikkun Haolam : le service de la réparation du monde\, mission de l’artiste. \nDans nos temps chaotiques\, après ce premier enfermement-confinement\, démultipliant les séances de télé-présences et autres systèmes d’image à illusion\, par l’alliance libérale d’un empire du visuel avec une communication collective appauvrie\, dans une atmosphère de fascination pour les techniques de remplacement de l’homme en ses images\, avatars et robots\, cet élément nous revient brutalement : quelles sont notre conscience et notre responsabilité\, à chacune et à chacun ? L’artiste\, si incompris et maltraité aujourd’hui\, en dépit des proclamations\, rendu invisible ou forcé à communiquer de façon outrancière\, ne devrait-il pas retrouver cette profonde vocation désignée par Rothko ? \nAlors même qu’Anne-Sarah Le Meur utilise les outils numériques\, désormais mondialisés\, permettant une circulation insensée des images en lieu et place de la possibilité de dire ou d’être\, elle nous reconduit à cette expérience du voile aniconique (ie : sans images). Ce voile\, en tant que seuil vibratoire\, interdit la fusion et proclame l’intervalle vide (appelé par Rothko « le quelque part entre »). Il proclame la résistance du sujet aux forces inquiétantes et hypnotiques de la communication et de la consommation généralisées des images. Par l’assombrissement des rouges et l’opposition indécidable entre le pourpre violacé (TeKèleT) et le pourpre incarnat (ArGaMaN)\, ce voile\, retravaillé de façon laïque et immanente par notre artiste\, impose de nous tenir à une distance contemplative et méditative de toutes les oppositions morales et\, particulièrement celles des figures archaïques du bien et du mal. Cette distance permet alors le suspens nécessaire de l’agir. Ainsi\, Anne-Sarah Le Meur nous invite à considérer que la vocation de l’art n’est pas de refléter les décisions du pouvoir. \nLe philosophe Jacques Derrida regardait l’expérience du voile du temple comme la possibilité de soutenir en nous la tension entre le voilement et le secret. Il en faisait même un état déterminant de l’acte artistique pour le séparer du spectacle et de la consommation sans fin des images\, au profit d’un éprouvé de l’intervalle que rien ne vient occuper : détachement de l’homme de sa réduction aliénée d’exténuateur-consommateur face à tout de qui existe\, jusqu’à ce quil n’en reste plus rien : terre desséchée et artifices technologiques qui tournent à vide… et plus rien ! \nJean-Rodolphe LOTH – juin 2020 \nCritique d’art pour Octopus\, Précis artistique des mots de bouche
URL:https://www.galerie-depardieu.com/event/exposition-anne-sarah-le-meur-lumiere-limite/
LOCATION:Galerie Depardieu\, 6 rue du docteur Jacques Guidoni\, Nice\, 06000\, France
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SUMMARY:Exposition Giuseppe Fabris -  Lockdown
DESCRIPTION:Ouverture de l’exposition le 17 septembre.\nExposition au sous-sol jusqu’au 31 octobre 2020.\nEntrée libre \nLa bella e l’ostrica\nLa réalité dépasse toujours de toute façon la fiction. \nCette série de dessins est un foisonnement de signes\, dans lequel l’unique fil conducteur est la silhouette qui apparaît toujours au bas de la feuille. L’univers qui se crée dans l’espace est\, la plupart du temps\, indéfini et composé de gribouillis incertains\, de traits à peine suggérés et interrompus comme un griffonnage d’enfant\, ultime particule d’un mouvement qui erre sans but à travers un automatisme qui construit ou déstructure le signe\, qui peut donner forme à un reconnaissable\, tel qu’un objet\, un visage\, un animal ou autre et c’est seulement à cet instant qu’il se décide à se définir pour se mettre au point ou le laisser comme un fond voilé. Cette façon d’agir nous oblige à aiguiser notre regard pour découvrir différentes situations à peine suggérées\, qui donnent ainsi assez d’espace à l’observateur pour imaginer une ou plusieurs histoires qui\, en fin de compte\, vont toujours rester suspendues et indéfinies.\nAprès avoir observé le premier dessin\, m’est venue à l’esprit une phrase liée à une image : « Le sommeil de la raison engendre des monstres »\, titre d’une eau-forte de Francisco Goya\, dans la série des Caprices.\nL’espace blanc et neutre a toujours été pour moi un défi en dessin\, mais c’est aussi beaucoup plus que cela\, un acte de conscience\, tout ce qui transparaît de ce fond neutre\, de la parole et du dessin à la peinture et qui est\, qu’on le veuille ou pas\, un signe. C’est pour cette raison que j’ai longtemps utilisé le dessin d’une façon graphique et pour ainsi dire aseptique et analytique\, pour qu’on lise clairement ce que je voulais dire.\nAujourd’hui le signe improvisé et sans modèle devient chaud et nomade en passant du paradoxe au confusionnisme\, mais n’est jamais utilisé comme remplissage stérile puisque conscient. Le signe peut être lyrique\, cacophonique\, analytique\, statique \, paradoxal\, poétique\, vulgaire\, parfois violent même si tout est maîtrisé et contrôlé.\nAvant tout il y a l’homme\, le leitmotiv\, je m’achemine donc sur un parcours jamais défini ou tracé\, comme dans une aventure\, comme une marche dans un bois sans sentier\, comme un voyage sans but\, comme… Le Voyage.\nJe déambule dans cet espace réduit à peine plus grand qu’un A4 qui devient incroyablement vaste par rapport au moyen utilisé\, un feutre à pointe fine\, tel le transmetteur minuscule des synapses qui fluctuent dans le macrocosme de l’inconscient.\nCette immersion en moi-même pendant que je me promène ou que je cours dans le noumène porte aussi\, pour qui veut donner le temps à son temps\, à faire un parcours intime et méditatif\, donc un non-dit\, une image cachée\, une histoire à composer qui fait la place à l’interprétation personnelle.\nDans ce voyage dans l’inconnu\, les définitions des limbes et du Bardo coïncident\, bien que dans le premier cas ce non-lieu est animé d’angoisse et d’inquiétude\, alors que dans le deuxième il nous est dit qu’avec la profonde libération de l’esprit nous sommes prêts à rencontrer sereinement et sans peur les divinités pacifiques et courroucées.
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