Présentation


Zoe Gruni : paradis perdus et retrouvés.
par Jean-Paul Gavard-Perret

Pour Zoe Gruni l'art est le moyen de participer à la vie des choses et des événements. Se mettant à l'écoute des choses, elle cherche depuis toujours à travers son art une identité neuve sans renoncer à son appartenance à un territoire et une culture : l'Italie. Depuis son adolescence elle travaille de manière instinctive, et (dit-elle) « presque brutale » par réaction à l'homogénéisation. L'artiste s'exprime en divers langages divers la performance, la photographie, les objets et les vidéos. Les médias électroniques complètent désormais son approche multimédia. A cela une raison majeure : « l'exigence de le raconter depuis des points de vue différents et non pas d'un seul étant donné la présence active du corps de l'œuvre ». Les diverses approches servent, en des phases différentes, à exprimer la même chose : « Le dessin comme l'idée, la sculpture comme la matrice, la performance comme l'action et, par conséquent, la vidéo comme instrument de documentation et la photographie comme image finale ». Lié à un esprit de liberté multiculturelle, qui est une caractéristique toscane, l'ariste cherche toujours plusieurs points de rencontre, par exemple, le travail manuel et le choix d'une matière pauvre et fonctionnelle, le chanvre, qui offre des ressources infinies et que, comme le porc, on utilise tout-entier. Le matériau chez elle passe de deux à trois dimensions en épousant la forme d'un corps, jusqu'à devenir une vraie personnalité, parfois reconnaissable (évêque, guerrier, épouse, juge...). zoé Gruni crée des personnages interchangeables qui ont besoin de se raconter par des moyens et des langages différents. Ces œuvres sont devenues progressivement de véritables spectacles. Dans celui qu'elle a intitulé "Entretien avec la pierre" (Roselle, Grosseto 2007) réalisé dans une vieille carrière abandonnée, les sculptures (rapportées à la musique et au théâtre) jouaient entourées par le public pendant qu'une actrice déclamait des poésies. Si l'activité de la créatrice est marquée par l'attachement à ses racines culturelles, elle est imprégnée aussi par la nature et le corps. L'engagement physique s'exprime par un langage reconnaissable. De multiples éléments entrent en scène et interagissent au sein de dispositifs qui formulent des « images ». Celles-ci partent souvent d'une implication émotive (une forme, une atmosphère, une vicissitude intime, une expérience, un voyage). L'artiste fond ses images subjectives de sa mémoire avec les formes "communes" de la mémoire collective. Elle les expérimente avec le corps, puis s'incorpore à l'image pour la délivrer ensuite dans l'espace. C'est à cet instant qu'elle a l'impression de mettre « un peu de synthèse dans mon chaos ». [...]

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