Né en 1956 à l’Isle-sur-la-Sorgue (Provence), il pratique très jeune et en autodidacte de la photographie. En 1979, il est lauréat du concours annuel du magazine PHOTO. Suite à une parution dans ce magazine, Willy Ronis le contacte. Cette rencontre va l’encourager à poursuivre une activité d’artiste photographe, parallèlement à sa carrière d’enseignement. Dès le début des années 80, il se consacre exclusivement à la photographie couleur et se met à effectuer de tirages Cibachrome.

Photographe de petits paysages, André Pharel n’intervient dans un lieu que par son simple regard et le révèle, donnant à un espace minuscule et banal une grandeur et une réelle beauté. Broussailles, taillis, fouillis, trous d’eau sont transfigurés et deviennent soudain des lieux chargés d’âme et de poésie.

Ses oeuvres témoignent d’une grande sensibilité à la transparence, nourrie peut-être par la limpidité des eaux de la Sorgue, qui traduit une fascination pour le « voir à travers » et entraine une transformation du rapport à la matière. Les traversées, déclinées de multiples façons, nous transportent dans des univers subtils où l’on découvre une vision différente qui donne à penser autrement le monde.

Traversées-vagabondages dans les collines ou le long de la rivière ; traversées-jeu de transparences ou de reflets sur les vitres des jardins botaniques; traversées de fourrés et autres broussailles , faisant pénétrer le monde d’une manière directe, presque animale, évoquant ce que l’on pourrait imaginer des sensations primitives. Et puis, étranges traversées laissant découvrir, par une prise en compte particulière de la lumière et de la proximité, une matière transformée car en partie dématérialisée.

Le travail d’André Pharel est la proposition d’un regard neuf sur le monde à l’image du jamais vu, une redécouverte de nos perceptions immédiates et instantanément oubliées, en permettant, par une déconstruction  de notre lecture intellectualisée du monde, un retour à la vision première, jusqu’à conduire parfois à l’abstraction. La transfiguration du réel est au coeur même de cette photographie.