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Penultimo
Progetto*
Ivano
Sossella
Exposition du 27 mars au 23 avril 2008

Cette deuxième importante exposition de Frédérique
Nalbandian à la Galerie Depardieu, intitulée Trésor,
marque une étape dans le parcours artistique désormais international
de cette artiste :
Lors de son exposition dans cette galerie niçoise en Mai 2007,
Ivano Sossella avait quelque peu surpris avec une oauvre composée
de pots de fleurs en équilibre sur des petites étagères,
susceptibles de tomber à tout instant. Il nous présentait
les murs intérieurs d'une maison, habituellement dévoués
à l'accrochage de tableaux, vides de toute œuvre d'art. Seule
la marque de leur absence demeurait, comme lorsqu'on décroche un
tableau après des années. Cette absence évoquait
une dimension de l'art qui trouve présence et réalité
dans la dissipation extrême de son être reconnaissable.
Sossella avait aussi créé une œuvre au mur avec des
livres, pris au hasard, tous ouverts à la page 15...
Mais avec ce quadra italien, il y a-t-il vraiment un hasard ?
A la fin des années 80, précisement en 1987, une créativité
nouvelle s'est développé dans le milieu artistique italien.
Abandonnant à la fois la politisation et les systèmes idéologiques
absolutistes, elle s'est propagée à travers des méthodologies
individuelles qui se vérifient de temps à autre, selon des
modes opératoires variables et instables. L'art peut donc s'étendre
vers plusieurs langages ce qui met en cause le métier même
de l'artiste et atteint son coté opposé, plus ironique,
plus lyrique. Les deux milieux recherchent, dans une atmosphère
tendue, les relations et les rapports entre la réalité et
la fiction, entre le corps et l'âme individuelle et sociale.
Pour Ivano Sossella, autant que pour Luca Vitone, Cesare Viel, Tommaso
Tozzi et Filippo Falaguasta qui en 1987 s'unirent dans un mouvement nommé
Arte(Dissipazione), c'est bien l'absence du tissu narratif qui manque
parce que leur travail naquit comme « une recherche au-delà
de l'objet et de l'art même ».
Sossella affirme : « les Conceptuels avaient une vérité,
pas nous ! L'art est un acte insensé et distributif, une correction
constante du sens proposé et exhibé. C'est surtout une tentation
suspecte ». On a parlé, à propos de cet artiste,
de « Dissipation de l'objet exposé ». L'œuvre,
comme agglomérat d'actions et de significations, se révèle
dans son instant maximum de dispersion.
Dans son premier projet (2005) à la Galerie Depardieu à
Nice, Ivano Sossella avait pris possession de l'espace tout-entier avec
des dessins à thème fixe sur les murs. La présence
obsessionnelle d'images de billets de banque affirmait la finalité
de l'art à devenir de plus en plus un objet d'investissement financier
et une source de gain rapide, elle éclairait aussi la pulsion inconsciente
vers la possession, presque un désir érotique qui satisferait
tout individu. Que nous réserve-t-il avec cette troisième
exposition qui s'intitule « Penultimo Progetto »,
est-il besoin de le traduire ?
Commissaire de l'exposition : Enrico Pedrini
*(Avant-dernier
projet)
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