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Daniel Rothbart
LES JEUX SONT FAITS
Joueurs et artistes ont beaucoup de caractéristiques communes et on trouve tout au long de l'histoire, de nombreux artistes qui ont été en plus des joueurs obsessionnels. Fyodor Dostoïevski jouait aux jeux de hasard et subit des longs procès et des tribulations quand la fortune l'abandonnait. Charles Baudelaire jouait dans le Paris du 19ème siècle, Salvador Dalì était fasciné par les cartes et plus récemment l'artiste Francis Bacon vendait souvent des peintures pour payer ses dettes de jeu. Jouer a aussi été un leitmotiv dans les travaux des artistes Fluxus, y compris ceux de Larry Miller et Yoko Ono.
Marcel Duchamp jouait aux échecs, le jeu de stratégie bien connu, sur les bancs publics du Washington Square Park à New York, mais surtout, il jouait avec le hasard dans son atelier. Pour produire son "3 Standard Stoppages" de 1913, l'artiste fit tomber des fils d'un mètre de long sur une toile depuis un mètre de hauteur et les colla sur la place même où ils étaient tombés "par hasard". Une autre fois, Duchamp émis en 1924 des obligations au porteur (Monte Carlo Bond) pour recueillir de l'argent pour un système de jeu qu'il voulait tester aux tables de roulette de Monte Carlo. Soit l'esthétique que le jeu doivent leurs instants de succès à l'élément "hasard". La Fortune prend le rôle de muse et touche la main de l'artiste et du joueur en même temps, couronnant leurs efforts avec le succès, la condamnation à l'oubli ou même pire.
En tant qu'artiste Américain, c'est un privilège pour moi d'exposer à la Galerie Depardieu à Nice, la ville natale d'Yves Klein, tout prés de cette Mecque des joueurs qu'est Monte Carlo. Je vais montrer les photographies de mes bols-sculptures prises dans la ville Américaine du désert peuplée de chapelles de mariage, de cow-boys, d’Indiens et de ses Casino kitsch : j’ai nommé Las Vegas. C'est une ville Américaine qui a des points de repère Européens familiers. On y trouve même la Tour Eiffel. Des Gondoles glissent à coté de galions de pirates du 18ème siècle; des pyramides s'élèvent des sables et des anciens palais romains surgissent à coté des petits trains de la ruée vers l'or. Les bols, aussi bien que les cartes, les roulettes et les jetons deviennent des éléments en plus d'un jeu dans cette ville de distraction. Devant une roulette, à l'intérieur d'un Casino de la Riviera, en plein désert et avec un jeune imitateur d'Elvis Presley, les bols prennent des rôles différents, des fonctions et même des significations "in progress".
On pourra aussi voir sur les murs des sculptures inspirées de la forme de la roue. L'agent de la Fortune provocateur d'avancements, aussi bien que d'obstacles, représente le point de départ pour ces formes. En tant qu'elles sont (les formes) improvisées en nature, elles partent souvent de la géométrie conventionnelle pour explorer des notions de l'évolution et du développement dans le monde naturel. De même que les décisions de jeu prises devant la roue circulaire de la roulette, ces formes portent à des décisions intuitives conséquentes et à des connections au hasard. Les photographies et les sculptures deviennent des offrandes au hasard, à la nature et probablement, ce qui est plus important, à la Fortune, l'arbitre capricieux des joueurs et des artistes.
Daniel Rothbart
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