Ivano Sossella

« Possibilisme »


Commissaire de l'exposition : Enrico Pedrini


Jeudi le 10 Mai 2007 aura lieu l'inauguration de la seconde exposition individuelle à la galerie Depardieu de l'artiste Italien Ivano Sossella, intitulée « Possibilisme », un mouvement artistique né à Gênes, sous le nom d'Arte(Dissipazione).

L'exposition comprend des travaux et projets de l'artiste, réalisés de 1987 à nos jours.
A la fin des années 80, précisement en 1987, une créativité tout à fait nouvelle se développe dans le milieu artistique italien. Abandonnant à la fois la politisation et le suivi de systèmes idéologiques absolutistes, elle avance à travers des méthodologies individuelles qui se vérifient de temps à autre, selon des modes opératifs variables et instables.
L'art peut donc s'étendre vers plusieurs langages qui mettent en crise le métier même de l'artiste pour atteindre son coté opposé, plus ironique, plus lyrique. Les deux milieux recherchent, à l'interieur d'une atmosphère extrème, les relations et les rapports entre la réalité et la fiction, entre le corps et l'âme individuelle et sociale.
Pour cet artiste, comme pour Luca Vitone et Cesare Viel, qui en 1987 s'unirent dans un mouvement nommé Arte(Dissipazione) qui deviendra Possibilisme, c'est justement la présence du tissu narratif qui manquent : Leur travail naît juste comme "recherche au délà de l'objet et de l'art même".
Sossella affirme : "les Conceptuels avaient une vérité, pas nous !". "L'art est un acte insensé et distributif, une correction constante du sens proposé et exhibé. C'est surtout une tentation suspecte".
Voilà pourquoi les premiers travaux d'Ivano Sossella visualisent l'exigence d'affirmer notre sensibilité à élargir notre point de vue depuis l'espace où nous nous trouvons, vers des lieux que les "sens techniquement etendus" nous permettent d'atteindre. L'artiste recherche et propose un nouveau statut dans l'interaction des fonctions des objets: Le son d'une radio, modifié par un séchoir électrique fonctionnant juste à côté est ainsi mis en relation avec le bruit du séchoir et il en partage cet instant. Une chaîne sémantique qui pourrait et peut en effet continuer. C'est ainsi que l'oeuvre, ayant perdu les lieux de l'art, se fait occasion pour se dégager des lieux communs qui la maîtrisent et trouve force et persuasion juste dans une explosion absolue de toute explication de sens. Nous envisageons là une perte de "certitudes données" qui devient fonctionnelle et intérieure au travail de l'auteur même. On a parlé, à propos de cet artiste, de "Dissipation de l'objet exposé": l'oeuvre se présentant comme agglomérat d'actions et de significations se revèle en effet dans son instant maximum de dispersion. Les "travaux en distribution", à partir de 1987, développent ultérieurement l'occasion dissipative de l'oeuvre: Il s'agit de récipents remplis d'une grand quantité de prospectus et de dépliants. Les dimensions physiques et significatives de la galerie sont donc dépassées à travers cet expédient, qui peut donner à l'oeuvre une "pratique active". La catégorie de la dissipation révèle une intention de travail pour l'artiste, qui va au délà de la force et de la forme de l'objet même. De cette manière l'oeuvre se fait occasion pour continuer une expérience, tout en dispersant la certitude du contenu en faveur de l'utilisation d'une rélation explosée et pluralisée.
Dans le projet précédent (2005) pour la Galerie Depardieu de Nice, Ivano Sossella avait pris possession de l'espace tout-entier avec des dessins sur les murs à thème fixe. Aujourd'hui, si la présence obsessionnelle sur tous les murs de la galerie d'images de billets de banque affirme la finalité de l'art à devenir de plus en plus un objet d'investissement financier et une source de gain rapide, elle éclaire aussi la pulsion inconsciente vers la possession, presque un désir érotisant et satisfaisant tout individu. Le monde soutérain de l'imagination et les pulsions de l'inconscient humain deviennent, en cette exposition, une représentation explicite et programmée. Le cumul des biens représentés par les billets de banque n'est plus une simple représentation d'objets, mais plutôt l'instrument qui va faciliter la représentation d'expériences vraies. Les biens monétaires dessinés prennent la dimension d'un matériel de scène qui a perdu son importance physique pour devenir au contraire typiquement symbolique. L'auteur dessinant l'une après l'autre toujours la même image arrive a cumuler une richesse d'intentions et d'actions toujours presumée, mais qu'on pourra atteindre seulement (toujours) ironiquement.
Dans son projet expositif le plus récent (USW) Sossella nous présente des murs, les intérieurs d'une maison, des lieux d'exposition, qui se dénotent visuellement par l'absence d'oeuvres d'art. Ce sont leurs ombres qui vont y rester, la marque de leur absence des murs, comme il arrive quand on détache un tableau d'un mur après des années qu'il étaint accroché. L'absence du point artistique finit donc par évoquer une dimension de l'art qui trouve sa présence et réalité juste dans la dissipation extrème de son etre réconnaissable.

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La galerie Depardieu à Nice inaugure l'exposition individuelle de Ivano Sossella avec le titre " Jamais et Assez " le jeudi 3 février 2005.

L'artiste, né à Gênes en 1963, développe depuis 1987 un travail dans l'art en expérimentant les nouveaux langages liés à la "pratique dissipative". Il a été présenté en 1992 à Documenta IX à Kassel avec une œuvre conçue avec Marco Formento. Il réalisa pour cette occasion un "supplemento", c'est-à-dire un supplément au catalogue, sur une invitation du commissaire italien. Il fût présenté également en 1993 à la Biennale de Venise. Il enregistre par ailleurs dans les années 90, toujours avec Marco Formento, huit "siparietti", des petits décors pour la télévision italienne, qui seront diffusés dans le programme télévision "Blob". Ivano Sossella vit et travaille à présent en Allemagne

Dans ce projet pour la Galerie Depardieu, l'artiste prend possession de l'espace dans sa totalité avec des dessins sur les murs déclinés sur le même thème. La présence obsessionnelle sur tous les murs de la galerie d'images de billets de banque, affirme d'un côté la finalité de l'art à devenir de plus en plus un objet d'investissement financier et une source de gain rapide et, de l'autre la pulsion inconsciente vers la possession, vers un désir érotisant et satisfaisant à tout individu. Le monde souterrain de l'imagination et des pulsions de l'inconscient humain devient, dans cette exposition, une représentation explicite et programmée. Le cumul des biens représentés par les billets de banque ne devient plus une simple représentation d'objets, mais plutôt les instruments qui vont faciliter la représentation d'expériences vraies. Les biens monétaires dessinés prennent une dimension scénique du matériel pour devenir symboliques. L'auteur, dessinant la même image répétitive concentre une richesse d'intentions et d'actions qu'on peut atteindre avec plus de force et de manière ironique.

Un questionnement sur la pratique dissipative de l'objet

Les premiers travaux de l'artiste ont posé une exigence afin d'affirmer notre sensibilité à élargir notre point de vue depuis l'espace où nous nous trouvons vers des lieux que "nos sens techniquement étendus" (expression de l'artiste) nous permettent d'atteindre. L'artiste recherche et propose un nouveau statut dans l'interaction des fonctions des objets : le son d'une radio par exemple est modifié en raison d'un séchoir fonctionnant à ses côtés. Ce son est mis en relation avec le bruit du séchoir partageant cet instant. Une chaîne sémantique qui pourrait et peut en effet continuer.

C'est ainsi que l'œuvre se dégage des lieux communs qui la maîtrisent et trouve une force et une persuasion uniquement dans une explosion absolue de toute explication de sens. Est envisagé ainsi une perte de "certitudes données" qui devient fonctionnelle et intérieure au travail de l'auteur. On parle à propos de cet artiste de "dissipation de l'objet exposé". En effet, l'œuvre se présentant comme un agglomérat d'actions et de significations se révèle dans son instant maximum de dispersion.

Les "travaux en distribution", à partir de 1987, développent ultérieurement l'occasion dissipative de l'œuvre. Chaque travail consistait en un récipient rempli d'une grande quantité de prospectus et de dépliants. Les dimensions physiques et significatives d'une galerie sont donc dépassées à travers cet artefact qui peut donner à l'œuvre une "pratique active". La catégorie de la dissipation révèle une intention de travail pour l'artiste qui va au delà de la force et de la forme de l'objet. De cette manière l'œuvre est une occasion, comme dans les "starks" de Felix Gonzàles-Torres de 1989, pour continuer une expérience, tout en dispersant la certitude du contenu en faveur d'une relation explosée et pluralisée. Dans les travaux "A Poster", par exemple, Ivano Sossella réalisa des affiches (de dimensions variables selon les lieux de l'exposition) sur une centaine de pancartes qui tombent et sont remontées sans cesse.

Les catégories, ou même seulement les manières différentes de penser l'art, depuis l'installation jusqu'à la performance, ne sont plus disponibles dans ce processus dissipatif: c'est une prise théorique qui saisit avec force le processus artistique.

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